Interpellation
urgente écrite
Contractuels frontaliers à la Fondation des Parkings,
des mercenaires de la contravention: de qui se moque-t-on?
S’il
y avait un seul contractuel frontalier à Genève,
ce serait un contractuel de trop. En effet, un Etat quel qu’il
soit ne peut pas déléguer ses tâches d’autorité
à cette catégorie de personnels. Dans la plupart
des pays, ce serait tout simplement impensable et pure folie.
La
Fondation des parkings a engagé des frontaliers au
poste de contractuel, une fonction qui nécessite une
assermentation par l’Etat. Selon la « Tribune
de Genève » (10 novembre 2009), il y aurait «
30% de frontaliers chez les contractuels » . Le quotidien
ajoute : « Depuis que cet organisme public s’est
vu confier le contrôle du stationnement en ville, il
a engagé de nombreux contractuels. Il en compte aujourd’hui
78. Et parmi ceux-ci, on dénombre 23 frontaliers, soit
30% de l’effectif. »
Nous
ne savons pas si les données de la « Tribune
» sont exactes, puisqu’en qualité de député
nous n’avons pas accès à ces chiffres,
que le Conseil d’Etat refuse de communiquer tant au
sujet de l’Etat que des régies publiques. Il
nous reste les témoignages des simples citoyens qu’une
certaine intelligentsia méprise du haut de sa tour
d’ivoire et que nous transmettons modestement à
l’opinion publique afin d’avoir toute la lumière.
Le MCG dénonce l’absence de transparence et les
chiffres donnés à quelques petits copains députés
libéraux qui ainsi les manipulent à loisirs
sans laisser à tous les citoyens la possibilité
de les contrôler.
Mais
il reste un certitude : à cette fonction de contractuel,
un frontalier est un frontalier de trop.
Afin d’écarter tout malentendu, nous rappellerons
au passage la définition du frontalier : une personne
de nationalité étrangère habitant à
l’étranger et travaillant à Genève.
Ce
qui est grave, c’est l’état d’inconscience
dans laquelle se trouve le directeur de la Fondation des parkings
et son absence du sens de l’Etat. Dans le même
article de la « Tribune », il avoue : «A
vrai dire, nous ne nous sommes pas posé la question,
reconnaît son directeur, Jean-Yves Goumaz.
Nous
avons mandaté une agence de placement pour le recrutement.
Puis les personnes sélectionnées ont été
auditionnées par nos services. Nous avons retenu les
meilleures candidatures. Aucune consigne n’a été
donnée quant à l’engagement ou non de
frontaliers. »
Ce qui est encore plus grave, c’est la déclaration
d’un haut cadre de l’Etat de Genève : «En
l’occurrence, ces organismes sont autonomes en matière
de recrutement, rappelle Christophe Genoud, cadre au Territoire,
le département de tutelle de la Fondation des parkings.
Nous n’avons pas à intervenir sur leur recrutement.
»
Cette
affaire nous laisse, comment dire, un goût d’amertume
et de trahison de la part d’une fondation d’Etat
qui a besoin de directives « claires » pour favoriser
l’emploi des résidents genevois ! Le plus incroyable
réside sans doute dans la déclaration du Directeur
Général de la Fondation des Parkings, je cite
; «A vrai dire, nous ne nous sommes pas posé
la question, reconnaît son directeur, Jean-Yves Goumaz.
Nous avons mandaté une agence de placement pour le
recrutement. Puis les personnes sélectionnées
ont été auditionnées par nos services.
Nous avons retenu les meilleures candidatures. Aucune consigne
n’a été donnée quant à l’engagement
ou non de frontaliers. »
Une
première question vient d’emblée : est-ce
que les dirigeants de cette fondation sont à la hauteur
de leur tâche ?
Avec
un taux de chômage record à Genève, une
situation économique en récession, il leur faut
des directives claires !
Nous
savons grâce à la « Tribune de Genève
» qu’une agence de placement temporaire a été
mandatée : ce serait Manpower ! Le Conseil d’Etat
justifie le recours à une agence, afin de réaliser
des économies de frais d’annonce !?
Une
autre source nous fait part d’une facture « pour
le recrutement de contractuels frontaliers » de plus
de 100'000 francs !?
Nous
ne pouvons imaginer qu’une fondation ait payé
une agence de placement pour engager des contractuels étrangers
résidant à l’étranger, et qui plus
est en ayant un service du personnel en son sein! Comment
imaginer redonner confiance aux Genevois lorsque l’on
découvre de tels errements dans la gestion de l’Etat
? Pour mémoire la Fondation des Parkings réclame
10 millions + 2,9 millions de subvention à l’Etat
afin d’éponger ses pertes financières
!
Outre
le fait scandaleux d’engager des frontaliers en qualité
de contractuels comme si, à Genève, nous n’avions
pas les ressources parmi les personnes sans emploi pour recruter
cette catégorie d’employés, nous exigeons
de savoir le prix payé par la Fondation dans les agences
externes, en particulier la dernière facture à
Manpower (afin de comparer avec celle qui circule d’un
montant encore plus conséquent que celui que nous annonçons)
!
Il
est temps de remettre le Citoyen genevois au centre des débats,
car, ne l’oublions pas, nos mandats ne sont qu’une
délégation de sa suprême autorité.
En vertu des pouvoirs qui sont ceux du député,
des devoirs et obligations qui sont ceux du Conseil d’État,
voici la question posée dans le cadre de cette IUE,
conformément à l’article 162A LRGC :
Questions
:
1.
Quel est le montant de la facture de recrutement pour l’engagement
des contractuels, établie par la société
Manpower, ou de toute autre société de ce type,
dont il est question dans l’article de la « Tribune
de Genève » ?
2.
Quel montant la Fondation des parkings à dépenser
en faisant appel à des agences de recrutements pour
l’engagement de collaborateur durant les années
2007-2008-2009 à fin octobre, et combien de frontaliers
(c’est-à-dire uniquement les étrangers
résidant à l’étranger et travaillant
à Genève) ont-ils été engagés
par ce biais ?
3.
Combien de frontaliers (c’est-à-dire uniquement
les étrangers résidant à l’étranger
et travaillant à Genève) travaillent-ils à
la Fondation des Parkings ?