Comme vous le savez, le MCG reste très attentif à tout engagement de frontaliers dans l’administration cantonale, dans les communes et aussi dans les régies publiques (TPG, SIG, hôpital, EMS, etc.).
Malheureusement, nous avons pris connaissance, de source sûre, que le 25 mai prochain, Mme Kunzler procédera à l’assermentation d’environ 96 chauffeurs TPG, dont 45 frontaliers, ce qui est inacceptable. D’autant plus que, durant la dernière campagne de recrutement, 3000 offres d’emploi sont parvenues, dont, d’après nos sources, plus de 1000 candidatures genevoises.
Mme Kunzler pourra toujours arguer d’avoir fait engager, lors de la dernière campagne de recrutement, 20 chômeurs de longue durée (faudrait-il encore connaître le nombre de frontaliers et résidents parmi ces chômeurs), cela ne doit pas cacher le fond du problème.
Nous considérons que la politique menée en ce sens par les TPG est une atteinte grave de la part d’une institution de droit public, laquelle fait fi d’un problème important : résoudre le chômage qui frappe de nombreux citoyens de notre canton.
Lors de la tenue de nos stands, nous avons reçu de nombreux témoignages de personnes ayant des qualifications nécessaires pour occuper ces postes qui se sont vus refuser cet emploi pour des motifs aussi étranges qu’incompréhensibles. Il nous a même été relaté, par un témoignage écrit, le cas d’un candidat à un poste de chauffeur des TPG qui a été refusé alors qu’une entreprise de transports publics d’une ville de Suisse romande l’a embauché. Une régie publique, subventionnnée à plus de 50% par le contribuable, se doit de favoriser les chômeurs et les personnes à la recherche d’un emploi qui habitent notre canton.
Nous rappelons la déclaration du Conseil d’Etat qui énonce des principes contraires à la pratique d’engagements menée par les TPG. A cet effet, le Gouvernement genevois avait rappelé ses directives, le 8 février 2012, dans sa réponse à la pétition 1734 du MCG intitulée « Stop au chômage genevois : frontaliers assez ! ».
Le contenu de sa réponse à notre pétition stipulait qu’ « à l’occasion de la présention de son rapport divers 873 sur l’évaluation de la nouvelle loi en matière de chômage (LMC-J 2 20) le 2 mai 2011, le Conseil d’Etat a exprimé le souhait que les entreprises privées et publiques ainsi que les communes consentent un effort accru pour concilier leur politique de recrutement de personnel avec les objectifs de réduction du chômage. »
Autre extrait : « (…) le Conseil d’Etat a approuvé le 8 juin 2011 une directive sur le recrutement du personnel au sein de l’administration cantonale permettant d’assurer que les postes vacants soient systématiquement annoncés à l’OCE et que les candidatures issues du chômage soient examinées en priorité. La même directive prévoit que les services qui souhaitent recruter une personne nécessitant un permis de travail doivent démontrer qu’ils ne sont pas parvenus à recruter le personnel correspondant à leurs besoins dans les effectifs des demandeurs d’emploi inscrits à l’OCE. (…) Le 21 décembre 2011, le Conseil d’Etat a étendu cette directive aux principales institutions de droit public. (…) »
Vu le message du Conseil d’Etat, nous pouvons douter très fortement que les TPG aient examiné tous les dossiers avec les critères requis par le Gouvernement, en faisant preuve d’exactitude.
Nous pouvons nous interroger sur le fait que les entreprises publiques et privées genevoises ayant des frontaliers au sein de leurs ressources humaines aient tendance à engager de manière non adaptée cette catégorie de travailleurs venant de leur propre territoire, au détriment de nos résidents.
A l’heure où le Grand Conseil va se pencher, aujourd’hui et demain, sur de nombreux projets de loi liés au chômage, nous exigeons que les collectivités publiques respectent à la lettre les directives du Conseil d’Etat sur l’engagement en priorité des demandeurs d’emploi locaux.
Par ailleurs, nous venons d’apprendre que la Caisse cantonale de chômage donne une assistance active aux frontaliers sans emploi. D’après ce que nous a confirmé le Secrétariat à l’économie de la Confédération, un chômeur français qui vient s’inscrire à l’Office de l’emploi à Genève, bénéficiera de cours de formation, de stages, etc. Ce genre de suivi devrait appartenir uniquement aux administrations des pays d’origine des travailleurs.
Roger Golay
Président du MCG
Eric Stauffer
Candidat au Conseil d’Etat
François Baertschi
Secrétaire général du MCG