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La récente publicité nauséabonde de l'UDC et l'amalgame
que l'on tente de faire avec la position du MCG impose une mise au point,
tant le malentendu est entretenu par des adversaires politiques, médias
à l'appui, qui voudraient diaboliser ce nouveau parti concurrent,
en lui collant une étiquette xénophobe, qui lui répugne.
Les travailleurs frontaliers ont contribué et contribuent à
l'essor de Genève en faisant partie de son tissu culturel, économique
et social, et il n'a jamais été question de les pointer
du doigt en tant que tels. Rappelons que jusqu'à l'entrée
en vigueur des Accords instaurant la libre circulation des personnes
avec l'UE, non seulement un frontalier devait résider six mois
en zone frontalière pour acquérir ce statut, mais un employeur
genevois devait démontrer, avant de l'engager, avoir recherché
en vain sur le marché local et national, un employé pouvant
occuper le poste. Les Accords de libre circulation ont modifié
la donne, et rien n'empêche aujourd'hui un employeur d'engager
un universitaire breton qui viendrait s'installer à Gaillard,
pour occuper un poste pour lequel il serait surqualifié. Aucun
quota ni moratoire n'a été imposé par le Conseil
fédéral, alors que les préoccupations de Genève
avaient été clairement exprimées et que des limites
ont été très justement instaurées pour la
domiciliation en Suisse des travailleurs européens, jusqu'en
2007 d'abord, puis 2011. En d'autres termes, du jour au lendemain alors
qu'il n'était pas possible de travailler en Suisse en s'y installant,
il était permis de le faire en se domiciliant à la frontière
! Compte tenu des écarts salariaux, ce qui devait arriver est
arrivé.
Le nombre de frontaliers à Genève est passé de
30'000 en 2000 à 70'000 actuellement. Parallèlement, le
chômage est monté à 6,9% à Genève,
alors qu'il est de 3,7% en moyenne suisse, avec une augmentation de
25% par rapport à 2008 à la même époque.
Il est exclu de s'en prendre aux travailleurs frontaliers qui ont naturellement
tiré profit de cette lacune imputable au Conseil fédéral.
Par contre, un parti politique responsable et préoccupé
par la situation spécifique de Genève ne peut pas faire
abstraction de ce problème, et se doit de rechercher des solutions
qui permettent de donner une priorité, et non une exclusivité,
au marché de l'emploi local. Ainsi, faute de pouvoir éviter
les engagements internationaux de la Suisse, il est urgent de promouvoir
une Charte négociée par les partenaires sociaux, par laquelle
les entreprises du canton s'obligent, en échange d'allègements
fiscaux, avant d'engager un nouvel employé, à rechercher
sur le marché de l'emploi local et national une personne répondant
au profil du poste. Seule une telle démarche citoyenne et responsable
est de nature à préserver l'économie du canton
à moyen et long terme. Quant à l'Etat, il devrait impérativement
réserver les nouveaux postes ou les postes à repourvoir
à des résidents genevois. S'agit-il de protectionnisme
blâmable, ou uniquement de bon sens ? A-t-on déjà
vu un Genevois être engagé dans l'administration française
? Ne parlons même pas des tracasseries administratives sans fin
imposées par la France aux entreprises suisses qui envisagent
de travailler dans ce pays, ce que notre Conseillère fédérale
Doris Leuthard a très justement dénoncé récemment.
Alors Mesdames et Messieurs les bienpensants, permettez que l'on se
soucie des travailleuses et travailleurs de Genève avant qu'il
ne soit trop tard !
Mauro
Poggia
Candidat
MCG au Conseil d'Etat
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