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20/08/2009
 

UBS: LA HONTE !

 

« La Suisse respire » entonne en cœur la presse nationale. Oui peut-être, mais l’odeur est nauséabonde. Il est vrai qu’après une noyade annoncée, on ne peut que se réjouir de boire la tasse !

Bref. Le moral est bon. Tant pis pour la morale, et les quelques 4450 dommages collatéraux, qui ne sont autres que les nageurs auxquels nous nous sommes agrippés, jusqu’à les sacrifier, précisément pour éviter notre propre noyade.

Pense-t-on vraiment avoir sauvé la face et évité le pire ? Si notre Conseil fédéral pense réellement ce qu’il déclare, la situation est indubitablement préoccupante.

Rappelons tout de même – la mémoire étant par définition courte lorsqu’elle mène à l’introspection – que notre grande Banque est allée aux Etats-Unis proposer à des ressortissants américains des subterfuges juridico-économiques pour échapper au fisc de leur pays !

Un tel comportement est inqualifiable, sinon pénalement, puisqu’il s’agit d’instigation et de coactivité de fraude fiscale. Sans l’aide de l’UBS, nul doute que ces Américains fortunés auraient respecté les lois de leur pays. Cependant, la présentation de nos banquiers était trop alléchante.

Mais voilà, puisqu’à la malhonnêteté, il faut associer la couardise, tels des « repentis » maffieux italiens, nos banquiers, avec la providentielle assistance de l’Etat, ont négocié leur salut en dénonçant leurs clients, ceux-là même qui les avaient engraissés durant tant d’années.

Est-ce une victoire ou une honte ?

Pire encore, au nom de l’intérêt supérieur de la Nation, notre Exécutif fédéral intervient dans la négociation, complétant l’amalgame entre des banquiers avides et véreux et la Confédération suisse !

Pourtant, quel serait ce lien entre le secret bancaire suisse et une activité délictuelle commise à l’étranger ? Depuis quand l’ordre juridique suisse protégerait-il l’auteur d’un délit à l’étranger ? Pourquoi la filiale américaine de l’UBS, sommée aux Etats-Unis de présenter des pièces pourrait-elle invoquer, en Suisse, son secret bancaire ? Il s’agissait d’une affaire americano-américaine, qui devait être réglée selon le droit américain, aussi douloureux que cela soit pour ces banquiers qui ont fait leur fond de commerce de cette activité illicite.

Ce n’est en réalité pas le secret bancaire suisse qui était en jeu, contrairement à ce que l’on nous raconte, mais uniquement une question de gros sous…

Si l’UBS n’avait pas cédé, tel un lézard qui lâche sa queue pour sauver sa peau, l’amende aurait été gigantesque, et les Etats-Unis se seraient servis dans les avoirs de la Banque. Et devinez qui aurait finalement payé l’addition ? Je vous le donne en mille ! Ceux-là mêmes qui ont mis 6 milliards et garanti 60 milliard pour sauver cette Banque en fin d’année dernière et à qui l’on a dit que la politique salariale de la Banque ne les regardait pas, lorsqu’ils se sont émus d’apprendre que plus de 3 milliards allaient être versés en bonus en début d’année. VOUS ET MOI.

Ainsi, on fait croire au monde que la Suisse est prête à sacrifier les clients de ses banques sur l’autel d’un secret bancaire de pacotille, qui ne pèse pas bien lourd face à la raison d’Etat.

MERCI UBS ! MERCI NOTRE CONSEIL FEDERAL !

Le message est passé, et vous en verrez bientôt les funestes conséquences.

Mauro Poggia


 

CEVA