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La Suisse respire » entonne en cœur la presse nationale.
Oui peut-être, mais l’odeur est nauséabonde. Il est
vrai qu’après une noyade annoncée, on ne peut que
se réjouir de boire la tasse !
Bref.
Le moral est bon. Tant pis pour la morale, et les quelques 4450 dommages
collatéraux, qui ne sont autres que les nageurs auxquels nous
nous sommes agrippés, jusqu’à les sacrifier, précisément
pour éviter notre propre noyade.
Pense-t-on
vraiment avoir sauvé la face et évité le pire ?
Si notre Conseil fédéral pense réellement ce qu’il
déclare, la situation est indubitablement préoccupante.
Rappelons
tout de même – la mémoire étant par définition
courte lorsqu’elle mène à l’introspection
– que notre grande Banque est allée aux Etats-Unis proposer
à des ressortissants américains des subterfuges juridico-économiques
pour échapper au fisc de leur pays !
Un
tel comportement est inqualifiable, sinon pénalement, puisqu’il
s’agit d’instigation et de coactivité de fraude fiscale.
Sans l’aide de l’UBS, nul doute que ces Américains
fortunés auraient respecté les lois de leur pays. Cependant,
la présentation de nos banquiers était trop alléchante.
Mais
voilà, puisqu’à la malhonnêteté, il
faut associer la couardise, tels des « repentis » maffieux
italiens, nos banquiers, avec la providentielle assistance de l’Etat,
ont négocié leur salut en dénonçant leurs
clients, ceux-là même qui les avaient engraissés
durant tant d’années.
Est-ce
une victoire ou une honte ?
Pire
encore, au nom de l’intérêt supérieur de la
Nation, notre Exécutif fédéral intervient dans
la négociation, complétant l’amalgame entre des
banquiers avides et véreux et la Confédération
suisse !
Pourtant,
quel serait ce lien entre le secret bancaire suisse et une activité
délictuelle commise à l’étranger ? Depuis
quand l’ordre juridique suisse protégerait-il l’auteur
d’un délit à l’étranger ? Pourquoi
la filiale américaine de l’UBS, sommée aux Etats-Unis
de présenter des pièces pourrait-elle invoquer, en Suisse,
son secret bancaire ? Il s’agissait d’une affaire americano-américaine,
qui devait être réglée selon le droit américain,
aussi douloureux que cela soit pour ces banquiers qui ont fait leur
fond de commerce de cette activité illicite.
Ce
n’est en réalité pas le secret bancaire suisse qui
était en jeu, contrairement à ce que l’on nous raconte,
mais uniquement une question de gros sous…
Si
l’UBS n’avait pas cédé, tel un lézard
qui lâche sa queue pour sauver sa peau, l’amende aurait
été gigantesque, et les Etats-Unis se seraient servis
dans les avoirs de la Banque. Et devinez qui aurait finalement payé
l’addition ? Je vous le donne en mille ! Ceux-là mêmes
qui ont mis 6 milliards et garanti 60 milliard pour sauver cette Banque
en fin d’année dernière et à qui l’on
a dit que la politique salariale de la Banque ne les regardait pas,
lorsqu’ils se sont émus d’apprendre que plus de 3
milliards allaient être versés en bonus en début
d’année. VOUS ET MOI.
Ainsi,
on fait croire au monde que la Suisse est prête à sacrifier
les clients de ses banques sur l’autel d’un secret bancaire
de pacotille, qui ne pèse pas bien lourd face à la raison
d’Etat.
MERCI
UBS ! MERCI NOTRE CONSEIL FEDERAL !
Le
message est passé, et vous en verrez bientôt les funestes
conséquences.
Mauro
Poggia
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